Méditation buissonnière pour le Samedi Saint


Le printemps se déploie au détour de nos rues dans un silence assourdissant.
Il éclate de partout, sans beaucoup de bruit, sauf le chant des oiseaux.
Étonnant.
Comme un temps de pause, d'arrêt sur image, action, agenda.
Quel Samedi Saint, qui a déjà commencé depuis de longues semaines, et dont on ne sait la fin....!
D'habitude, c'est chronométré, organisé, planifié. Dimanche est le lendemain de samedi, et chaque jour, c'est vingt-quatre heure, non ?
Eh bien, non, pas cette année !
Nous rejoignons, dans l'épreuve du temps qui s'étire, l'incertitude et l'inquiétude de tant de gens sur notre planète, là où la pandémie terrifie, face à l'absence de moyens.
Là où ce seront les plus pauvres les grands perdants, une fois de plus.

Comment vivre l'absence et le manque ?
S'il n'y a pas de "présence réelle", voici le temps de la véritable communion.
De coeur et d'action.
Alors, vivre ce Samedi Saint, en étant, là où je suis, un trait d'union.
Un tout petit trait.
Juste là.
Il fait le lien entre deux vides. Entre deux espaces sans rien.
Tenir bon, dans cette attente active et attentive. Car, plus loin que ces deux vides, il est bon de tenter le lien entre mort et vie, entre être et faire,
entre passion et résurrection, entre combat et victoire, entre larmes et espoir. Comme le Christ en croix, les bras étendus.
Ils sont nombreux ces traits d'union, de par le monde,
comme un pointillé brillant qui s'élance et enlace.


Marie-Thérèse Hautier


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