L'Adieu au visage.


Ton visage, nous l'aimions !
On t'y voyait en entier. Il était la fenêtre qui ouvrait sur ta lumière. Il était la porte qui nous invitait chez toi. Ton visage d'amour : le voir nous suffisait. Nous étions sûrs de ta tendresse et de l'offrande que tu faisais de toi, simplement, sans rien dire, pour nous donner du bonheur chaque jour.
Ton visage de colère face à la bêtise qui parfois semble l'emporter dans les cœurs et le monde, ton visage de sourire éclairé d'une joie qui nous entraînait dans son soleil, ton visage de tempête lorsqu'en toi, comme en tout être, s'affrontaient le désir de te dépasser et l'envie de te laisser aller.
Ton visage de silence avec ses secrets à chercher comme un trésor réservé à ceux qu'on aime. Devant ton visage de maladie, nous étions démunis, comme devant tous les visages de souffrance obstinément accrochés à l'espoir, mais sans relâche nous te donnions notre fidèle amour pour te soutenir et te préparer au difficile passage. Nous aimions ton visage devant nous, ton visage d'homme pour toujours à l'image et à la ressemblance de Dieu.
Maintenant il disparaît, ton visage. Il échappe à nos yeux et à nos mains pour s'inscrire, invisible mais présent, dans notre cœur.
Entre nous il n'y aura plus de face à face jusqu'au jour où, nous retrouvant tous sur l'autre rive, nos visages seront transfigurés devant la face de Dieu. Dieu, ton visage ! C'est vers Dieu que désormais il sera tourné.
En sa présence, il trouve sa définitive beauté


inconnu


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