Accueillir un Dieu nomade


Ils sont nombreux à redouter ce que l'on appelle "la période des fêtes". Certains aspirent à ce qu'elle soit passée, que l'on retire les lampes à leds, que l'on dépose les Norman au recyclage et que l'on décroche les pères Noël rubiconds.
Evidemment, c'est fort peu politiquement correct de le dire, mais ce sentiment habite de nombreux coeurs. Pour bien des raisons : la solitude, qui est un peu plus amère au moment de ces fêtes familiales. La peur des retrouvailles, qui ne se passent pas toujours bien, où il faut (re)composer avec chacun, en louvoyant entre les conflits. Le manque de moyens financiers face à des sollicitations qui ont démarré si tôt, les grèves qui impactent la possibilité des retrouvailles...Plus fondamentalement, peut-être, ce sont les déceptions de l'enfant intérieur qui rêvait de douceur, de paix et de bonheur, mais rien ou si peu n'est advenu de ce qui aurait été si beau. Alors, on se demande aujourd'hui : à quoi bon tout cela ?

L'évangile de Jean (Jn 1,1-18), pour la messe du jour de Noël, ne nous parle pas de Bethléem, ni de crèche, pas plus que d'anges ou de bergers. Il nous invite à aller au-delà des images conventionnelles où l'on s'extasie devant la naissance d'un enfant. Certes, c'est une merveille à partager et chaque naissance est un pari confiant dans la vie, qui a toute sa valeur.
Mais Jean nous conduit ailleurs : la Parole a pris chair, parmi nous elle a planté san tente.

Voici un Dieu qui plante sa tente parmi nous : c'est un Dieu nomade qui vient à notr erencontre, et nous sollicite : allons-nous l'accueillir, le recevoir dans nos vies ? Suis-je d'accord d'être son "tabernacle" (ce mot vient du latin, tabernaculum, qui signifie tente) ? Cette belle image de la tente, nous la retrouvons dans l'Apocalypse (21,3) : "voici la tente de Dieu avec les hommes, et il dressera sa tente avec eux, et ils seront ses peuples, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu".
Ainsi, c'est Dieu en mouvement, qui se déplace et nous déplace sur la route de la vie.

L'évangile du jour de Noël s'adresse particulièrement aux esseulés, à ceux qui ont peu de moyens, aux déçus de la vie … et à tous les autres. Accueillir Dieu auprès de nous, en nous : y a-t-il une place pour sa tente ?

HAUTIER Marie-Thérèse


Retour à la liste