Témoignage

L’étudiante est priée de refaire le pansement de Monsieur N., 55 ans, un deuxième jour post opératoire. Une seconde étudiante assiste à ce que fait sa collègue. Les plaies chirurgicales – et donc le pansement – sont situées près des parties intimes du patient. Mon étudiante dégage la zone du soin, très largement. Trop largement. Toute concentrée sur le soin à réaliser, elle ne se rend pas compte que le patient a ses parties intimes entièrement exposées, et cela, durant toute la préparation du set à pansement, du matériel, etc…

Nous sommes là, les 2 étudiantes et moi, bref, 3 femmes, et cet homme « nu ». Je me dis : « l’étudiante va se rendre compte que la pudeur du patient n’est pas respectée ! Elle va remonter le drap de lit et s’excuser avant de réaliser le soin ! » Je me retrouve alors dans la posture suivante : « l’étudiante va réagir, je ne dois pas le lui dire trop vite, sinon je vais devoir la pénaliser pour sa note… ». Et bien non, l’étudiante commence le soin… Entre temps, je vais chercher un essuie du patient et, discrètement, je lui couvre le bas du corps. Il me remercie d’un large sourire et le voilà beaucoup plus à l’aise et décontracté.

Lors du débriefing avec l’étudiante, hors de la chambre, elle sera navrée et reconnaitra qu’elle voyait la plaie, le soin à réaliser, non pas le patient dans sa globalité. Le stress sans doute.

Un membre du personnel
Publié le 4/07/2017


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