Renoncer. La joie dans le détachement


C’est dans l’air du temps. Frugalité, décroissance, sobriété : autant de pistes pour s’alléger, notamment en période de Carême. Mais renoncer ? Quel cheminement pour renoncer sans rien perdre, et peut-être en trouvant « la joie dans le détachement » ?

Le renoncement n’est pas une fin en soi : il s’agit tout d’abord de « renoncer pour… » Car « l’enjeu du renoncement n’est pas le renoncement pour lui-même, mais pour choisir perpétuellement l’essentiel ». Cela passe par le dépouillement, et c’est Dieu lui-même qui inaugure cette voie du renoncement à soi-même en se faisant homme parmi les hommes. Les chrétiens marchent à sa suite. La vie monastique, par exemple, a ouvert ces pistes de renoncement « qui libère de l’espace pour Dieu ». Ainsi faut-il « aller vers », avancer et se désencombrer pour mieux répondre à l’appel, tel Abraham : « Son consentement au manque et à la dépossession lui ouvre le monde de la bénédiction et de la fécondité », souligne Catherine Aubin.

Ce n’est pas un chemin facile : « Ce dépouillement passe souvent par l’épreuve qui a pour finalité de révéler le fond de l’être de l’homme. » C’est alors à un travail intérieur que le lecteur est appelé, pour se débarrasser du « vieil homme », se détacher des idoles et des images, renoncer à ses peurs : « Le but est cette grande liberté intérieure de l’homme nouveau. »
C’est l’illustration même du chemin de crête que constitue l’exigeant travail de renoncement à soi-même jamais abouti. « On ne peut renoncer sans envisager le temps, la patience et l’incarnation » :ce chemin mène à la joie.


Sœur Catherine Aubin o.p.

Référence: Salvator/ Novalis, 110 p., 10 €


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